1 - Présentation de la situation actuelle de la Corse :

Située au cœur du golfe de Gênes, la Corse est en proximité directe de deux axes de développement européens : la dorsale alpine et l’arc méditerranéen.

Elle forme une région de 8700 km² composée de deux départements (Corse du Sud et Haute-Corse) qui tente de surmonter son retard de développement sans renier son identité culturelle.

Avec ses 260.000 habitants, la Corse affiche la plus faible densité de la France métropolitaine.

Malgré une progression rapide de l’emploi durant ces dernières années, due notamment au rattrapage de l’activité féminine, le taux de chômage demeure élevé (11,3% en juin 1999), comparable à la moyenne nationale, les chômeurs de longue durée représentent près du tiers des demandeurs d’emploi.

La Corse est la région de France la moins industrielle (6,8% des emplois) tandis que l’agriculture y représente 6,1% de la population active. Le produit intérieur brut (P.I.B.) par habitant s’élève à 82% de la moyenne communautaire, niveau intermédiaire entre l’Espagne et l’Irlande. Le revenu disponible brut des ménages se situe à 7% au-dessous de la moyenne France, les prestations sociales représentent près de la moitié du revenu insulaire. Ces chiffres témoignent d’un retard que la région est loin d’avoir comblé.

Les difficultés liées à l’insularité ont incité, pendant des décennies, une grande partie de la population à rechercher ailleurs le développement économique, la réussite et la modernité. L’histoire de la Corse s’est écrite à travers des parcours exceptionnels, le courage et le talent des femmes et des hommes partis sur le continent, voire dans les possessions d’Outre-Mer. Si le mouvement s’est aujourd’hui ralenti, la démographie insulaire s’en ressent encore. En 1999, la population est de 260.200 habitants. La Corse est la seule grande île de la Méditerranée à ne pas avoir retrouvé sa population du début du siècle. Elle est trois fois moins peuplée que les Baléares, six fois moins que la Sardaigne et vingt fois moins que la Sicile.

Modérée (+ 4% en 1990 et 1999), la croissance de la population est principalement due aux migrations : le solde des naissances et des décès est pratiquement nul (le taux annuel est de + 0,03%). La population de la Corse est sensiblement plus âgée que la moyenne France et cette tendance est durable. En 2010, les plus de 60 ans seront plus nombreux que les moins de 20 ans. L’importance des retours aux pays de retraités n’est pas encore équilibrée par une tendance récente à l’installation des jeunes, souvent d’origine insulaire, soucieux de s’investir dans le développement de l’île.

Une autre démographie, celle du tourisme, doit être soulignée. L’été venu, l’île dépasse le million de visiteurs. C’est une chance exceptionnelle pour la Corse. De 1990 à 1999, le nombre de touristes a augmenté de 37%. En 1999, près de 2 millions de touristes ont fréquenté l’île. 63% sont français, un touriste français sur quatre a des attaches insulaires. En 1999, les séjours touristiques ont totalisé 26 millions de nuitées. Plus de la moitié des nuitées sont réalisées par des touristes en provenance des régions Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur. La durée moyenne des séjours reste stable, d’environ 14 jours pendant la saison touristique (de mai à octobre) qui demeure la plus longue des régions métropolitaines.

Certains traits de la population active sont spécifiques de la Corse. Malgré des évolutions positives, l’activité des femmes reste inférieure à la moyenne nationale. En 1990, les femmes représentaient en Corse 37,4% des actifs, contre 28,9% en 1982, la moyenne France étant de 44,1% en 1990. Le chômage, en décrue depuis 1997 (13,6% de la population active), reste élevé (11,3 en juin 1999).

La formation des jeunes demeure insuffisante et le niveau d’études de la population reste faible. La proportion des jeunes de 15 à 24 ans scolarisés est inférieure de 5 points à la moyenne nationale, plaçant la région aux derniers rangs pour cet indicateur. Un tiers des actifs n’est pas diplômé (contre 20% au niveau national).

L’emploi total en Corse (salariés et non salariés) totalisait 87.294 personnes en 1997. L’économie locale est fortement déséquilibrée. Le tertiaire représente 78% des emplois, l’industrie 6,8%, l’agriculture 6,1% et la construction 9,1%. Le tertiaire est le seul secteur économique à progresser depuis 1993 (+ 5,7%), entraînant la progression de l’emploi régional (+ 2,7%). La prédominance du tertiaire traduit davantage l’importance du secteur public que celle des services marchands. La fonction publique représente 32% de l’emploi total en Corse. Au total, entre 1982 et 1997, tandis que la population augmentait de 8,6%, l’emploi progressait de 10,8%.

C’est pour remédier à cette situation que l’Union européenne s’est engagée, dans le cadre des programmes des fonds structurels et des autres politiques communautaires, à créer les conditions d’un développement harmonieux de l’île, afin qu’elle puisse tirer un meilleur parti des richesses dont elle dispose.

Le prochain contrat de plan et les programmes européens 2000 – 2006, associant l’Etat et la Collectivité territoriale de Corse pour le développement de l’île, devront relever un défi majeur : préparer et réussir l’entrée de la Corse dans le troisième millénaire. Cette concordance de programmation permettra d’opter pour une stratégie d’ouverture, d’attractivité et de complémentarité. La Corse doit construire des réseaux de créativité et d’échange avec le continent, multiplier les possibilités de réussir dans l’île, attirer des femmes et des hommes porteurs de projets et inscrire, à l’heure des technologies de l’information et de la communication, le développement dans la modernité. L’île en valorisant ses atouts et surmontant ses handicaps doit construire des relations nouvelles avec le continent, les régions d’Europe et le monde.

 


 
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